Centre Oecuménique des Droits Humains Accueil Le CEDH Missions Activités Contact Agenda Actualités Communiqués Publications Album Photos Partenaires MEMOIRE et RESISTANCE Barre de navigation du CEDH
Le Centre "MEMOIRE et RESISTANCE"
Le Centre de documentation "MEMOIRE ET RESISTANCE"

" L'ultime victoire du bourreau, c'est le silence de la victime "

Si le mouvement populaire, qui s'est exprimé ouvertement depuis 1986, a été traversé par une revendication de "Justice !", il n'a pourtant pas réussi à obtenir, au niveau légal, de grands résultats, que ce soit pour la malversation des fonds publics, ou que ce soit pour crimes contre l'humanité, tortures, assassinats et autres abus terrifiants de la dictature des Duvalier ou des régimes militaires qui l'ont suivi. Non seulement les plaintes en restent au plan émotionnel de la dénonciation, mais elles n'arrivent pas à s'articuler sur des dossiers bien documentés ni sur un suivi patient dans les dédales des procédures judiciaires.

D'autre part, après douze ans de la période post-Duvalier et 29 ans de dictature , les nouvelles générations , dans cette société orale, ignorent parfois les faits les plus élémentaires de ce passé récent., tandis que les traces et les témoins des évènements disparaissent. Il y a une érosion constante de la mémoire collective en même temps que s'envolent les possibilités de sanctionner les coupables de crimes monstrueux.

Or, sans la mémoire exacte de ce passé récent, il devient impossible d'effectuer une thérapie de la société ni de poser les bases de rapports sociaux corrects, ou d'un nouveau contrat social. Les anniversaires se suivent, mais le rappel des faits est toujours squelettique, tronqué et, à la limite, biaisé.

L'une des causes du blocage dans les efforts pour obtenir justice, et de l'ignorance sur les évènements qui ont marqué la société haïtienne depuis 1956, est donc l'absence d'une documentation adéquate qui puisse établir les faits et permettre de les raconter.

Les victimes et les témoins sont encore là. Mais tout ou presque tout reste au niveau de l'oral. Aucune tentative sérieuse n'a été faite pour établir de façon valable les séquences des évènements qui se sont succédés depuis 1956. Même les services publics ne disposent pas de procédures d'archivage et de moyens adéquats pour publier les données.

De plus, la capacité de diffuser les récits des évènements est très réduite. Le passage à l'écriture des récits (sur papier ou en vidéo) est aléatoire, comme sont aléatoires, dans une société pauvre dominée par l'oral (vernaculaire), les différentes étapes qui devraient aller du document aux lecteurs / spectateurs.

Le CEDH, conscient de ces carences et de cette nécessité, a développé un Centre de Documentation sur la période post-1956 et post 1986 en vue de sauvegarder la mémoire collective des faits et des évènements. La constitution de cette base de données répond à plusieurs objectifs :

  • Permettre l'accès aux documents et témoignages de toute sorte ;

  • monter et diffuser des dossiers ;

  • organiser des rencontres et activités capables d'effectuer une ascèse et une thérapie de la mémoire, en même temps qu'une abréaction collective relative à la violence ;

  • participer au travail de refonte et d'adaptation des institutions légales et du corpus de lois.

Les atouts du CEDH :

  • la longue expérience du Directeur et autres membres et sympathisants du Centre, dans la vie politique du pays, dans les batailles pour le droit des personnes et dans la sphère de l'écrit et de l'édition. Il s'agit de savoirs et de savoir-faire, mais aussi d'un réseau de contacts dans tous les milieux sociaux, ce qui est capital pour obtenir témoignages et documents.

  • les documents déjà accumulés, comme par exemple, les dépositions de plusieurs centaines de réfugiés lors de audiences administratives organisées à Fort Allen, à Puerto-Rico, par le service américain d'immigration (INS) et des centaines de documents, périodiques, tracts des mouvements de résistance, ainsi qu'un embryon important d'ouvrages relatifs au droit et aux droits des personnes.

  • un local et des facilités assez étendues pour un travail d'édition et de diffusion.

Le CEDH dispose déjà d'un fond de documentation il s'agit par exemple :

  • Livres et documents d'ordre légal ;

  • Dépositions des réfugiés lors de l'emprisonnement à Fort-Allen (et à Krome) ;

  • Publications diverses de différents groupes, alors clandestins pendant la période de dictature ;

  • Communiqués et minutes de réunions après 1986 ;

  • Listes et photos de victimes ;

  • Etc.


JILAP | HSI | Forum Citoyen | Intranet